heureusement pour lui que freinet n’habitait pas coursan !

Certains parents aimeraient bien que leur(s) enfant(s) ne grandissent pas, ils étaient, admettons-le, si charmants quand ils étaient poupons. Ces parents sur-protecteurs, enveloppent comme le dit l’expression populaire leur progéniture dans du coton. Educativement, sans s’en rendre compte souvent et parfois de bonne foi, ils façonnent des « monstres », des personnes qui, adultes confrontées à la réalité dure de la vie, n’auront pas l’indépendance nécessaire à leur propre survie. Cet enfant toujours propre, qui doit se taire à table, qui ne doit pas se salir, qui doit toujours faire plaisir dans l’accomplissement des volontés parentales (tu seras médecin, mon fils…) correspondait à une époque où l’absence d’information sur l’éducation permettait à chaque famille de façonner un enfant sage comme une image (mais pas sage comme un enfant).

L’école issue de la troisième République gardait bien ce modèle familial comme référence, qu’importent les dégâts, puisqu’elle n’avait pour but de porter vers la connaissance ou l’accès à la connaissance qu’une infime partie de ses effectifs. L’Instruction publique qui se transformait doucement en Education nationale permit l’éclosion de diverses pédagogies expérimentales dont une particulièrement intéressante puisque porteuse de résultats significatifs non seulement scolaires mais sociaux et utilisables par chacun dans sa future vie d’adulte, nous parlons ici des pratiques d’un instituteur du siècle dernier, monsieur Célestin Freinet. Journal scolaire, correspondance inter-scolaire, coopérative gérée par les enfants, liberté d’expression, enquêtes, sont des moyens qu’il mit en oeuvre dès 1920 avec quelques uns de ses collègues à Bar-sur-Loup puis à Vence. Il avait placé, bien avant l’Education nationale, l’enfant au centre du système éducatif en instituant la solidarité et l’interdépendance de l’éducation.

heureusement pour lui que freinet n'habitait pas coursan ! dans Actualité celestin-freinet-279x300

Les enseignants sont libres du choix de leurs méthodes pédagogiques et nombre parmi eux s’inspirent quotidiennement de l’idée lancée par Freinet qui est de considérer l’éveil de la personnalité et des compétences de chaque enfant comme indispensables à l’épanouissement du progrès et à l’émancipation citoyenne. Donner à chaque enfant plus d’autonomie par le biais de la prise de responsabilité face au groupe classe c’est créer le futur citoyen solidaire.

Certaines écoles ont adopté cette vision, et, donc, afin de lutter contre la violence naturelle de certains enfants dans l’espace de récréation, l’idée de tester une méthode qui a fait ses preuves ailleurs (le juge de paix permet d’éviter la sanction d’un procès), créer des médiateurs de récréation, a été lancée ici par l’aderep lors du dernier conseil d’école de l’année 2011/2012 et reprise ce 26 mars lors du second conseil de l’année scolaire.

mediation dans Actualité

Gérer sans dégâts plus de 230 élèves pendant la durée d’une récréation, dans une cour au dessin géométrique complexe comme dans les toilettes, pour deux, trois, voire quatre instituteurs tient souvent du miracle (laïc, le miracle). La surveillance d’une cour de récréation ne leur a pas été enseignée, et pour cause, dans leur formation ni initiale, ni continue, elle se base plus sur le savoir-faire, l’expérience, l’intuition de chaque surveillant. La responsabilité administrative de la mise en place de cette surveillance dépend du directeur, mais celui-ci ne saurait éviter les accidents dus à l’impossibilité d’un enseignant de regarder de tous côtés à la fois. Donc, afin de désamorcer des conflits en puissance, de calmer les plus impétueux, de signaler un enfant en danger, responsabiliser chaque enfant aide à mieux gérer l’ensemble. Nos enfants sont donc logiquement plus en sécurité. Il ne s’agit pas de déléguer la gestion de la surveillance à un enfant de 10 ans pour permettre à l’enseignant d’aller boire un café, mais d’éduquer l’enfant, sous la responsabilité et le contrôle du pédagogue, à appréhender les situations potentiellement dangereuses et à proposer sa médiation afin d’éviter un conflit. Ces médiateurs, très souvent renouvelés (il ne s’agit pas de priver un enfant de son droit à se divertir), sont reconnaissable à un brassard ou un dossard permettant leur identification rapide par les autres enfants.

Assumer le rôle de médiateur réglementairement reconnu par tous et protégé par son statut, permet à une) élève timide de s’affirmer ou à un(e) élève turbulent(e) d’analyser les défauts de son propre comportement habituel, mais c’est aussi, pour tous ses camarades, accepter d’écouter et d’entendre la parole d’un enfant responsabilisé par l’adulte.

Si l’on veut rajouter une pelletée de terre ensemencée d’orties dans le jardin de la liste concurrente, comme à son habitude incohérente, malgré le sujet déjà évoqué lors d’un précédent conseil (et qui n’avait pas essuyé d’opposition de la part des enseignants), chacun là-bas y allant de sa propre idée, on cacophonisait  dans l’association concurrente là où les deux élues de l’aderep ne défendaient qu’une idée, celle de la médiation, sur un sujet dont elles avaient débattu AVANT le conseil d’école. A ce rythme d’incohérence de l’ensemble de ces parents (près d’un an de réflexion sans résultat autre que l’opposition de principe à nos propositions), la décision des enseignants n’est pas prête à pouvoir être communiquée.



2 commentaires

  1. Sournois 4 avril

    Heureusement qu’il y a L’ADEREP et que des élus connaissent les problèmes rencontrés dans les cours et dans les écoles!

    Répondre

    • aderep 4 avril

      Merci, monsieur Sournois, mais non, les élues de notre association ne font là que le travail qui lui a été confié par les électeurs et proposent des idées apportées par des parents ou des enseignants et débattues d’abord dans l’association. Nous n’aurons pas la prétention de croire et donc d’affirmer que sans nous on ne débattrait que de fadaises. Le temps imparti à l’expression officielle des parents d’élève est très court dans le temps, il faut donc à nos élues en user à bon escient. Comment mesurer la qualité de travail de celles-ci ? Disons qu’en éliminant en amont les questions qui font perdre du temps à tous, on aide le président d’un conseil d’école à aller à l’essentiel, à faire avancer l’ensemble de la machine. Donc, en résumé, l’aderep débroussaille là où d’autres s’amusent à faire pousser des mauvaises herbes. Nous aimerions aussi que dans de nombreux cas, et mêlme avec des idées différentes, tout le monde partage notre ambition pour l’école. Alors, oui, monsieur Sournois, l’aderep est un plus pour notre ville.

      Répondre

Laisser un commentaire

ecoliersenhaiti |
ONG IDEAL-SERVICES-PLUS enr... |
La maternelle Jules Ferry d... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | DIANE REDESSANNAISE
| apestouendaunis
| lepapierdanstoussesetats