à vous la parole ! (janvier 2011 : pour qui le bonnet d’âne ?)

Nous avons décidé de créer ici un forum de discussion dont le sujet sera changé périodiquement, suivant l’actualité, permettant l’échange de réflexions sur l’école publique et plus généralement sur l’éducation. N’osant prétendre à la vérité, nous donnerons un texte de départ et attendons vos prises de position par l’intermédiaire de vos commentaires (bien entendu, afin de ne pas polluer les débats, nous « caviarderons » de cette page les textes malveillants ou sans rapport avec le sujet.

N’hésitez donc pas à marquer vos désaccords, mais dites-vous toujours : « En écrivant cela, je pense sincèrement contribuer à améliorer l’école publique », pas à faire plaisir ou déplaisir à quelqu’un. 

Débat sur les possibilités d’amélioration du français dans les hautes sphères de l’Etat :

Nous avons reçu le livret scolaire de l’élève Nicolas S. et de ses deux correcteurs qualifiés :

Correcteur X, évaluateur subjectif non normatif (pour préserver cet important personnage de la honte de devoir assumer ses propos, nous ne le nommerons pas ici, en tous cas pas tout de suite)

« Juger de son expression en puriste, c’est donc non seulement lui intenter un injuste procès, mais aussi ignorer son sens de la proximité » nous dit celui-ci,   »(l’élève Nicolas) montre de grandes qualités rhétoriques, telles que la force expressive, la conviction, l’à-propos, la répartie ou la puissance d’évocation »

« En ces temps de complexité et de difficultés, (l’élève Nicolas) parle clair et vrai, refusant un style amphigourique et les circonvolutions syntaxiques (sic) qui perdent l’auditeur et le citoyen. Juger de son expression en puriste c’est non seulement lui intenter un injuste procès, mais aussi ignorer son sens de la proximité. Ses paroles relèvent de la spontanéité et, au contraire d’un calcul, sont le signe d’une grande sincérité ».

Donc, Nicolas S. passe avec succès dans la classe supérieure avec les encouragements du correcteur X. Félicitations !

Correcteur Y, évaluateur normatif objectif (mais visiblement borné dans la défense passéïste du vieux françois) :

« Ce ‘parler peuple’ tient selon moi à deux choses : (l’élève Nicolas S.) est un garçon mal élevé qui n’a aucune culture. Sa stratégie de parler comme les gens, cela s’appelle de la démagogie. »

Donc, Nicolas S. est maintenu dans la classe avec bonnet d’âne sous les huées du correcteur Y. Quelle honte !

Nous tenons à préciser que les correcteurs X et Y ont évalué les mêmes qualités d’expressions orales et écrites de l’élève Nicolas S. dont voici un florilège (une proposition de correction est offerte par l’aderep, afin d’aider à la compréhension de tous) :

- Expression orale :

« Casse-toi, pauv’con » Paris, Salon de l’Agriculture, février 2008 (Proposition : Je vous prie de cesser de m’importuner, manant -Pauvreté syntaxique-)

« J’écoute, mais j’tiens pas compte » Provins, janvier 2009 (Proposition : J’écoute, mais je n’entends pas en tenir compte -Absence de négation complète-)

« On commence par les infirmières parce qu’ils sont plus nombreux » Rambouillet, mars 2009 (Proposition : Opérer les infirmières, cela semble la meilleure des solutions -Erreur grammaticale dans le choix du pronom personnel-)

« … Il est absolument anormal que des producteurs de lait, quand ils livrent le lait, on ne leur dit même pas à quel prix on va leur payer… » (Proposition : Il est bon de boire du vin -Place aléatoire de la proposition subordonnée-)

« Moi je n’accepte pas de voir les prix des pommes sortir aux prix où cela sort aux producteurs et voir le prix il s’est vendu aux distributeurs » (Proposition : Je n’accepte pas de voir la différence entre le prix des pommes à leur sortie de chez le producteur et celui de leur revente par les distributeurs -choix incorrect des déterminants et des pronoms-)

« Quand je vois l’étendue des conseils que je reçois chaque jour, ça    me donne pas envie de les suivre» février 2009 (Proposition : Je fais ce que je veux -Absence de négation complète, choix peu approprié du pronom-)

« L’écologie c’est qu’y ait que des jardins (…) On se demande c’est à quoi ça leur (aux élites) a servi (…) Si y’en a qu’ça les démange d’augmenter les impôts (…) On a décidé     vous payerez pas d’impôts (…) J’    veux pas enrichir Monaco… » Discours chez Alsthom à Ornans, mars 2009 (Proposition : Pfffffffff…)

« Je remercie d’ailleurs à chacun d’être ici » mars 2010 (Proposition : Je remercie chacun d’être ici -Différences entre verbes transitifs et intransitifs non maîtrisée-)

« Y’a un Premier ministre, y’en a pas deux » novembre 2010 (Proposition : Il y a un premier Ministre, il n’y en a pas deux -Créativité pronominale-)

« Pourquoi j’avais annoncé… euh… avais-je annoncé » novembre 2010 (Proposition : aucune -l’élève semble avoir pris enfin conscience de l’existence d’une grammaire française-)

« Chais pas »… »Chuis »…’M'enfin »… »Y’a » (Je ne sais pas, je suis, mais enfin, il y a…)

- Expression écrite (voir site officiel de l’élève Nicolas S.) :

« Nous on a confiance et vous adhérer à une stratégie offensive (…) On apporte aux participation  la participation qu’à la Caisse, les participations qu’à l’Etat… » (Faute d’accord et faute grave de grammaire dans le choix de la préposition « à » à la place de l’auxilliaire avoir)

« Et c’est la raison pour laquelle, je vous en remercie, j’ai souhaité discuté avec vous » (Faute de conjugaison, utilisation de l’infinitif)

« Je n’ai exclus personne » (Faute de conjugaison, emploi du passé composé)

« Vous avez été condamné à les rembourser » (Pareil parce que l’élève Nicolas S. s’adresse à plusieurs interlocuteurs)

« J’ai vu un agriculteur de Vendée qui a tout perdu. Ces bêtes ont été noyées par le raz-de-marée » (Emploi de l’adjectif démonstratif à la place de l’adjectif possessif) 

« Moi, je suis désolée, je n’accepte plus les distorsion de concurrence à l’intérieur de l’Europe » (Utilisation de la forme féminine de l’accord de l’adjectif qualificatif)

Drôle de raisonnement du correcteur X… (ci devant Ministre entres autres choses du français), parce que si, comme le pensait le général de Gaulle,  »les Français sont des veaux », l’élève Nicolas S. doit-il meugler ? Et s’il meugle en classe, doit-il ne pas aller au coin ? En outre, à la lecture de la correction de monsieur X, cela nous donne une idée de ce que l’élève Nicolas S. se fait du Peuple qu’il est censé représenter… mais aussi de ce que le correcteur X en pense !

CLEFS DE DECODAGE :

Correcteur X : Ministre en charge des syntaxes, orthographes, grammaires, vocabulaires et conjugaisons réunis.

Correcteur Y : Député ayant posé une question écrite sur l’élève Nicolas S. à Monsieur le Ministre des syntaxes et correcteur X.

Elève Nicolas S. : Président censé représenter dans le monde le peuple qui parle français comme lui.

Lien amusant : Article de presse (Le Figaro 5.1.2011) sur la correspondance entre monsieur François Loncle, député de l’Eure et monsieur Luc Chatel, Ministre de l’éducation. (lire les commentaires de lecteurs, que l’on ne taxera pas automatiquement de dangereux opposants, au passage)

« …on n’en et tous retourner, on saver pas que s’en étais a se poing… »

« Monsieur le Professeur, je refuse le redoublement de mon fils, élève de Première littéraire, pour cause de déficiences graves dans la maîtrise de la langue parlée et écrite, il parle clair et vrai, refusant un style amphigourique et les circonvolutions syntaxiques ! »

En fait, l’aderep ne doit pas défendre l’école de la République, nous faisons fausse route, il faut SAUVER l’école de la République, même contre son Ministre !

Qu’en pensez-vous ?



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